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jeudi 27 juin 2013

Comment nous nous sommes rendus au forum...

Nous apprenons l'existence de ce Forum par la NR du jour (mea culpa, nous avons omis de consulter le blog DAG). Il faudrait y réfléchir - mais pas tout seuls -, hélas ! nous avons d'autres chats à fouetter aujourd'hui. Donc, nous fouettons nos chats...
Rendez-vous au Lycée Claude de France à 18 h. Nous y sommes. Personne. Ah ! une affiche, en tête la date : 24 mai (??). Le lieu ? Il a changé, c'est à la Pyramide. Virons de bord, cette fois c'est bien là.
Discours de Jeanny Lorgeoux (vieux lion fatigué), de François Bonneau (très classique) : 30 minutes.
On passe aux choses sérieuses : les ateliers. Nous avons choisi le n°3, Environnement, Energie, Climat. Nos coachs, Alain Beignet, Monique Raynaud. "Nous vous écoutons, quelles propositions ?" Un peu de flottement puis c'est parti. 
 
 - La biodiversité diminue; d'accord, qu'y fait-on ? Proposer la plantation de haies vives (bannir les thuyas !) un nettoyage de la nature, en particulier s'occuper de la faune et la flore invasives : grenouille taureau, écrevisse de Louisiane, la jussie (délicate à arracher), l'ambroisie (à quoi
L'ambroisie
ressemble cette plante allergogène ?) Quand on ne sait pas il faudrait pouvoir s'adresser à des personnes "ressources" (voir le site Ecopôle)
 
- Les inondations ? Nettoyer régulierement  les rivières, garder et planter des arbres sur les rives.
 
- L'agriculture : des actions encourageant la consommation de proximité (Amap). Des terres agricoles à acheter près des villes pour y installer des maraîchers bio.
 
- Environnement et énergies : la collecte des biodégradables obligatoire (prévue pour 2015); savoir où trouver un appareil pour détecter les fuites de chaleur, ce serait utile.
 Une vraie proposition ;: taxer les énergies fossiles pour subventionner les énergies renouvelables. Encourager les petits projets thermiques, voltaïques, éoliennes pour particuliers. Soutenir les municipalités qui ont choisi l'option "zéro pesticide" (vallée du Cher)
 
- Problème des transports, beaucoup de travailleurs se trouvent loin de leur lieu de travail (solution : transports en commun à créer, covoiturage)
 
Pas clair tout ça, bien brouillon, oui, il faudrait plus de temps et comme une tête bien faite de la Région a tout noté et va tout mettre au clair, le résultat sera dans quelques semaines. L'union sacrée se reforme  autour du pot de l'amitié. Inutile tout cela ?
Non, sûrement pas, on sème des graines, qui sait celles qui lèveront ?
 
M. R. Aucante

dimanche 19 mai 2013

Commissariat : les combats perdus sont ceux qu'on ne mène pas

A Romorantin, le conseil municipal décide "pour le bien des policiers" de voter la suppression du commissariat. Les conseillers assument leur vote en prétendant que c'est plus humain ainsi, pour les gens, de s'organiser pendant les grandes vacances, pour la rentrée des gamins à l'école...
Et si on pensait comme à Castelnaudary que la phase de négociation ne signifiait pas la fermeture, et qu'il faut donc maintenir ouvertes les portes de la négociation ?
Si on compare la situation de Castelnaudary, dont fait état cet article de la Dépêche, nous trouvons de quoi répondre point par point, par un exemple concret étayant nos arguments plus anciens, aux accusations proférées en conseil municipal à l'encontre d'Yvon Chéry.
Jean-Claude Delage est le secrétaire du syndicat Alliance ? Il ne verrait pas les faits objectivement ?
Il n'empêche... C'est lui qui "tient à bien faire remarquer que «le combat contre le redéploiement n'est pas une affaire politique mais un débat technique»." 
Les arguments contre la suppression du commissariat à Romorantin restent aussi fondamentalement techniques, mais même sur l'aspect humain, les policiers sont doublement perdants. C'est ce que rappelle Jean-Claude Delage : alors que la droite négociait des redéploiements avec force primes et avancements pour les fonctionnaires de police, rien de tel n'est envisagé ici ! Et on voudrait faire croire que Romorantin aurait fait le maximum pour ses agents uniquement en prévoyant que la rentrée des classe aurait lieu en temps et heure... !
Romorantin : un bon exemple de combat perdu parce qu'en haut, on avait décidé pour les autres ce qui était mieux pour eux. Vous avez dit démocratie ?

dimanche 12 mai 2013

Compte-rendu du conseil municipal du vendredi 3 mai 2013



Compte-rendu du conseil municipal du vendredi 3 mai  2013
(par Yvon Chéry, conseiller municipal)


Présentation
Le conseil municipal portait principalement sur la fermeture du commissariat de police. Le conseil devait réglementairement se prononcer pour ou contre la décision confirmée le 11 avril par le ministère de l’Intérieur. Un refus unanime aurait entraîné la saisie automatique du Conseil d’État, et donc le report de la décision pour plusieurs mois.
Dans une lettre ouverte aux élus, le syndicat Alliance-Police leur avait demandé d’aller jusqu’au bout de la démarche de refus. Le maire n’en a rien fait et a fait voter l’acceptation de la décision. Toute son équipe a voté pour, sans un mot, les yeux baissés. Toutes les oppositions ont voté contre. Donc, 28 pour, 5 contre.
Un citoyen qui s'aperçoit que tous les membres de la majorité votent selon la consigne la fermeture du commissariat.

C’est Dialogues à Gauche qui a mené l’opposition et l’argumentation. Les autres ont suivi. Chacun y est allé de sa demande pour que le maire revienne sur sa position, mais en vain. Il s’est obstiné, a proféré à notre encontre quelques compliments du style « menteur », pour finir par accuser le syndicat Alliance d’être responsable de la fermeture du commissariat. Le monde à l’envers.
J’ai alors annoncé qu’après le vote, je quitterais la séance pour ne pas cautionner cette attaque indigne.  Une large majorité du public (dont plusieurs policiers outrés) a fait de même.
Ce que Yvon a failli faire quand Monsieur le Sénateur-Maire, premier magistrat de la ville, annonce que les syndicats ont la responsabilité de la fermeture du commissariat.
Depuis le conseil, le 8 mai, la NR a publié un communiqué d’Alliance faisant état de 16 mails envoyés au maire depuis le 28 septembre, et restés sans réponse.

Déclaration de Dialogues à Gauche
« Pour la quatrième fois depuis le 5 novembre, nous abordons la question de la fermeture du commissariat et vous souhaitez, M. le maire, que ce soit la dernière, puisque vous proposez au conseil municipal de prendre acte de la décision de fermeture confirmée par le ministre. Je ne suis d’accord ni avec la décision du ministre ni avec votre proposition de vote. Je m’en explique.
 Je vais laisser volontairement de côté le coût financier de cette opération de substitution police/gendarmerie. En m’appuyant sur le rapport de la Cour des Comptes de 2011, j’avais montré, lors du conseil du 22 février, ce qu’il en est.
Je passe donc directement du coût de l’opération au résultat qu’on peut en attendre, à son efficacité supposée. Le premier point, qui frappe depuis le début, dans la présentation officielle de ce dossier, que ce soit dans les médias ou au conseil municipal, par le préfet ou par vous, M. le maire, c’est la constante manipulation des chiffres. La présente délibération reprend sans retenue le tour de passe-passe qui consiste à additionner ce qui ne s’additionne pas, afin de transformer les soustractions en additions. Le vocabulaire choisi ne changera rien à l’affaire. Ainsi, les 34 postes créés ne sont pas en « sus des 24 militaires de la compagnie déjà installés route d’Orléans », puisque les 24 en question travaillent sur tout le sud du département, de Montrichard à Lamotte, et non pas sur la ville de Romorantin. Et qu’en est-il des 34 ?
Première remarque : seront-ils 34 ou 31 comme annoncé dans la lettre de Manuel Valls ? Deuxièmement, sur les 31 ou 34, chacun sait que 25 seulement, à travers la brigade territoriale, travailleront spécifiquement sur la ville ; les 9 autres, s’ils sont 9 (8 pour le PSIG et 1 pour la brigade de recherches) travailleront comme les 24 autres sur tout le sud du département.
J’ajoute à ce chapitre comptabilité que les effectifs réels de la gendarmerie ne correspondent pas toujours aux effectifs théoriques annoncés. Ainsi par exemple, les 12 actuels du PSIG ne sont dans les faits que 10 : deux postes ne sont pas pourvus ! En résumé, des effectifs incertains (31 ou 34 ?), dans lesquels on mélange ce qui ne peut l’être, de toute façon inférieurs à la réalité actuelle (48 policiers) et qui seront peut-être des effectifs théoriques et non réels …
Je suis stupéfait depuis le début de cette présentation volontairement erronée des chiffres. Heureusement que mes collègues professeurs de mathématiques n’enseignent pas cette arithmétique-là dans les écoles de France !
J’en viens au service escompté avec ces effectifs moindres. Bien sûr, il ne s’agit en rien de critiquer la gendarmerie ni de jouer les uns contre les autres. Gendarmerie comme police font admirablement leur travail ; elles ont seulement des domaines d’intervention différents, des règles de fonctionnement différentes, une culture différente.
Ainsi, j’invite les membres du conseil à prendre avec précaution et sans naïveté la phrase de la délibération selon laquelle « la couverture sécuritaire sera assurée dans les mêmes conditions ».
Plusieurs questions se posent en effet :
1.       Qu’en sera-t-il, à effectif moindre, des patrouilles de nuit quotidiennes sur la ville ?
Quelques études concernant les villes ayant déjà connu le transfert, montrent qu’après 6 à 12 mois pendant lesquels il faut bien rassurer la population sur la viabilité du transfert, la fréquence des patrouilles baisse fortement.
2.       Qu’en sera-t-il de l’accueil de nuit ?
La lettre du ministre confirme qu’il sera assuré, mais ne prend aucun engagement sur les modalités de cet accueil. Comment être sûr alors qu’on échappera au système dérisoire, mis en place ailleurs, dit du « planton couchant », soit une personne qui dort sur place, gère le plus simple et le plus urgent, et demande dans la plupart des cas aux personnes de revenir le lendemain ?
3.      Quels seront les délais de traitement des plaintes avec un gendarme affecté à la brigade de recherches pour 17 000 habitants, contre 6 policiers actuellement ? Rappelons l’excellent taux d’élucidation à mettre au crédit du commissariat. C’est une curieuse conception de la méritocratie républicaine de « remercier les gens » au moment même où leur travail est le plus reconnu.
4.      Il faut aussi informer les Romorantinais que la main-courante n’existe pas en gendarmerie ; ce qui veut dire concrètement pas d’enregistrement écrit de faits comme les litiges commerciaux, la non présentation d’enfants suite à séparation, les différends de voisinage etc.
5.      Et pour compenser, comptez-vous embaucher à terme d’autres policiers municipaux, rétribuer en heures supplémentaires ceux qui existent déjà, c’est-à dire combler le déficit de l’État par le recours aux finances locales ?

Il y a donc de sérieux doutes à avoir sur le maintien du niveau de sécurité après transfert, pour les deux raisons que j’ai mises en avant : en raison des effectifs si l’on veut bien compter normalement, et en raison des différences dans la nature et l’organisation des missions des uns et des autres. Ces doutes sont souvent devenus réalité dans les villes qui ont déjà connu le remplacement de la police par la gendarmerie. La presse que j’ai consultée en a donné des exemples. Je n’en donne qu’un : à Guingamp, l’accueil de nuit a été arrêté au bout de 6 mois.
Ces doutes, aujourd’hui, d’autres municipalités concernées parla vague actuelle de fermetures, les prennent au sérieux, preuve sans doute qu’ils sont fondés.
Ainsi, à Saint Gaudens, la lutte solidaire de tous les élus : mairie, député, sénateur, président du conseil général, a abouti à l’annulation de la décision de fermeture. Je vous rappelle que, dès le début, le sénateur PS a déclaré que la fermeture n’était pas négociable et qu’il fallait s’y opposer sans discuter. On voit bien la différence de stratégie avec ce qui a prévalu ici.
A Thouars, devant la solidarité des élus, la décision a été reportée.
A Castelnaudary, où la décision est maintenue, le maire PS de la ville a rendu sa carte après 30 ans d’adhésion.
A Dinan, les policiers soutenus par les élus, continuent de refuser la décision en refusant de prendre les fiches de vœux.
Il est peu probable que dans ces villes il y ait eu d’excellentes raisons de refuser la fermeture des commissariats, et ici d’excellentes raisons de l’accepter.
Il serait dommageable d’affaiblir le front du refus, en n’y apportant pas notre contribution car, qui sait si le ministre, à condition que ce front s’élargisse, ne sera pas au final contraint politiquement de revoir sa copie pour l’ensemble des commissariats ?
Il serait également dommageable d’envoyer comme signe à l’État qu’en matière de suppression et de restructuration des services publics, à Romorantin, on peut y aller ! On peut alors craindre que la sous-préfecture ne suive bientôt, après d’autres services depuis 10 ans.
C’est donc au nom de la raison, avec la conviction de défendre l’intérêt général et de parler pour les plus de 4 000 Romorantinais qui ont plébiscité le commissariat en signant la pétition, que je demande que la délibération proposée soit modifiée dans le sens du refus de la décision ministérielle, et qu’ainsi nous allions jusqu’au bout de notre démarche d’opposition initiée par le vote unanime du 5 novembre 2012, en renvoyant la décision vers le Conseil d’État.
Et comme je n’ai qu’un espoir mesuré d’être entendu, je m’adresse pour finir à vous, conseillers municipaux de la majorité, vous qui avez manifesté plusieurs fois avec les policiers et avec la population, je vous demande de voter en conscience, et non selon la consigne. »

PS : aucune réponse sérieuse n’a été donnée aux questions posées dans cette intervention. Le maire a lu la liste des missions de la gendarmerie.
Quand les gendarmes auront à faire toute la liste de ce que Monsieur le Sénateur-Maire, premier magistrat de la ville, a énuméré.


 Illustrations choisies par A. Stedransky










mardi 26 février 2013

Notre élu parle pour le comissariat à Romorantin




Conseil municipal du 22 février 2013 : COMMISSARIAT
Déclaration de Dialogues à Gauche


Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs,
Je n’ai guère de questions à vous poser, Monsieur le préfet, puisque vous êtes venu nous expliquer ce que nous savions déjà par la presse, soit « les modalités de la réorganisation ».
Une question toutefois : Monsieur le maire vous a demandé, si j’en crois la Nouvelle République du 31 janvier, un engagement sur le maintien de la sous-préfecture. Pourriez-vous ce soir confirmer son maintien quoiqu’il arrive ?
Vous êtes donc venu nous « expliquer », faire de la pédagogie, tenter de faire comprendre et accepter l’inacceptable, détailler le « comment », parce que le pourquoi est absurde et donc caché. C’est un exercice auquel nombre de hauts fonctionnaires ont été contraints ces dernières années, par exemple à l’éducation nationale, et dont j’ai malheureusement été souvent témoin dans les instances où j’ai pu siéger.
Toutefois, je vous remercie d’être venu pratiquer cet exercice difficile ; c’est finalement la différence entre  le privé et le public depuis une bonne dizaine d’années : les politiques suivies se rejoignent, mais on ne verra jamais un membre de la famille Lagardère, pour Matra, ou un dirigeant européen de Carrier s’expliquer dans l’enceinte du conseil municipal, alors que vous, vous êtes là. C’est beau, c’est digne, mais cela ne justifie rien pour autant.
Que tente-t-on d’expliquer depuis 10 ans, et depuis quelques semaines pour le commissariat, à ceux qui peinent à comprendre ?
L’explication combine deux stratégies :

La première, c’est qu’avec moins (des effectifs en moins), on fait bien sûr des économies (c’est bon pour la France, la dette, etc.) et qu’en plus, miracle, on fait plus et mieux, on est plus efficace dans le service rendu aux usagers. Aujourd’hui, vous nous dites que la réforme de M. Valls n’est pas pilotée par le souci de faire des économies. Mais s’il a besoin de redéployer vers les grands centres urbains, c’est bien qu’un nombre de postes suffisant n’est pas créé à l’échelle nationale.
Dans la NR du 30 janvier, vous parliez « d’une meilleure organisation opérationnelle avec un niveau de sécurité au moins équivalent, si ce n’est meilleur ».
Il suffit de lire le rapport de la Cour des Comptes d’octobre 2011 commandé par la commission des finances de l’Assemblée nationale, rapport sur les politiques de redéploiement police-gendarmerie, pour invalider les arguments précédents. En effet, le taux de remplacement des policiers par les gendarmes dans les 48 commissariats supprimés (41 en 2003/2006 et 7 en 2011) est estimé à 70 %.
 Toutefois, pour des questions indemnitaires et de logement, notamment, (+ policiers municipaux), il ne faut pas en conclure à des économies. Le ministère est, selon la Cour des comptes, je cite page 35 « dans l’ignorance du coût global des mesures de redéploiement et d’accompagnement des personnels ». Plus loin, page 41, le rapport ajoute que l’évaluation de l’efficacité (et non plus seulement des coûts) est difficile et peu concluante ».
Au final : aux questions : combien de personnes concernées ? pour quel coût ? avec quelle efficacité par rapport aux objectifs annoncés ? A ces questions, il n’y a pas de réponse officielle et sérieuse. J’ajoute qu’aucune enquête publique sur le ressenti des agents et des populations après redéploiement n’a été conduite dans les communes concernées. On comprend pourquoi ! elle risquerait de converger avec ce que ressentent les salariés et les usagers, quand une classe maternelle passe à 30 élèves ou quand le courrier n’est plus distribué tous les jours ou l’est en milieu d’après-midi (exemples romorantinais récents) : ce vécu, c’est celui de la souffrance au travail d’un côté, de la colère de l’autre (celui des usagers).
Ce n’est donc pas à partir d’un état des lieux sérieux (la gendarmerie fait-elle mal son travail à Vineuil ? la police à Romorantin ?), pas plus qu’à partir d’un bilan crédible des changements opérés depuis 10 ans, qu’on s’apprête à enclencher une troisième vague de redéploiement, dont le commissariat de Romorantin fait partie.
Dans les discours officiels eux-mêmes, cet argument du « plus d’efficacité avec un coût diminué » ne s’emploie pas ou plus seul, tant il se heurte au vécu du terrain et à la réalité des chiffres. Il doit donc se combiner avec un autre argument, presque contradictoire.
  C’est la deuxième stratégie explicative pour faire accepter l’inacceptable : non plus faire plus avec moins, mais moins c’est plus (puisqu’on admet sans doute qu’il faut être plus pour faire plus), la multiplication miraculeuse des agents par transformation des soustractions en additions. Ainsi, à Romorantin, aux 25 gendarmes qui remplaceront au sens strict les 48 policiers (au sens strict ? avec des nuances, il n’est pas exclu qu’on fasse appel à eux pour des interventions au nord de Romorantin : Vernou, Courmemin etc. a ce serait plus « opérationnel » que d’appeler ceux de Selles-sur-Cher.
On ajoute sans doute, sans sourciller, les 8 gendarmes supplémentaires du PSIG et celui, supplémentaire, de la brigade des recherches, dont la zone d’intervention peut être celle de la compagnie entière.
C’est ainsi qu’on arrive à 34 nouveaux gendarmes que l’on compare aux 48 policiers qui n’interviennent que sur Romorantin. On compare donc ce qui n’est pas comparable. Mais comme cela ne suffit pas pour atteindre 48, on ajoute les 24 gendarmes déjà là mais qui ne sont pas dédiés à Romorantin.
C’est à ce compte-là qu’on atteint 58, et donc plus de gendarmes que de policiers. Il y a donc bien mystification et enfumage de la population. C’est d’ailleurs ce que confirme la Cour des comptes que je cite une dernière fois. Je cite, page 30 :
« En pratique, le maintien des effectifs dans les cas de transferts de la police à la gendarmerie a été obtenu par deux moyens » – voici le deuxième qui concerne Romorantin : « en localisant dans la commune affectée des unités ayant une compétence sur l’ensemble de la communauté de brigade, l’arrondissement, voire le département » – Plus loin, le texte dit que le maintien n’a ainsi été réalisé qu’en « apparence ». Comme chacun sait, dans ce contexte, l’apparence est le contraire de la réalité.
L’analyse des arguments employés pour justifier le redéploiement dévoile donc un tour de passe-passe : économie incertaine, efficacité non mesurée, manipulation des chiffres. A ce tour-là, peu d’élus locaux se laissent prendre !
C’est ainsi qu’à St Gaudens, concerné par le même projet, le sénateur socialiste déclare : « Gouvernement de gauche ou pas, je refuse une telle décision. A partir du moment où nous acceptons la concertation, c’est comme si nous acceptions la fermeture et nous disions prêts à en discuter les modalités ». Et hier, jeudi 21, plus de 1 000 personnes ont défilé, avec l’intersyndicale des policiers, en présence du maire, du député, et avec le soutien du président du Conseil général. C’est ainsi encore qu’à Dinan, la pétition est signable au commissariat et en mairie.
Se pose alors la question : et nous, à Romorantin, qu’avons-nous fait en tant qu’élus ?
Je m’adresse à vous, Monsieur le maire. Depuis le début, on vous sent hésitant, entre la condamnation et l’acceptation, avec une forte tendance à pencher vers la deuxième. Car si d’un côté vous avez fait voter un texte le 5 novembre, condamnant une éventuelle fermeture, et si, le 31 janvier, vous déclarez à la NR : « je me bas jusqu’au bout pour le commissariat. C’est mon rôle », de l’autre, vous vous déclarez successivement, et avec un certain crescendo, vers l’acceptation : le 31 janvier : « nous sommes dans le cadre d’une politique nationale que je soutiens, mais je n’ai pas de chance » ; le 2 février : « je fais contre mauvaise fortune bon cœur », et le 3 février : « je suis d’accord avec la politique de redéploiement de Manuel Valls qui est un ami ».
C’est dans cette logique que vous avez cru bon de m’adresser un courrier, le 4 février, dans lequel vous me dites : « chacun comprendra que vous voulez faire du tohubohu pour des raisons partisanes et électoralistes ». Je vous rétorque simplement qu’en matière d’électoralisme, j’étais dans la manifestation il y a10 ans et que j’y serai le 9 mars prochain. J’ai donc des principes, ce qui est le contraire de l’électoralisme, simple adaptation aux circonstances par calcul ; en matière de « raisons partisanes », je suis du parti de notre ville et des services publics et non de celui de M. Valls.
Quant au terme de « tohu-bohu », il y a là une manière clanique chez ceux qui sont quelque peu portés vers la tyrannie de renvoyer au désordre et au bruit les opinions différentes, ce qui est indigne en démocratie. Croyant avoir fait mon portrait par cette phrase, vous avez fait simplement le vôtre. Je vous demande donc de retrouver votre calme, votre raison, et d’être à l’écoute de la ville.
Et je fais, pour finir, les demandes et les propositions suivantes, que j’ai le sentiment de ne pas faire seul, puisque hier soir, 2 899  Romorantinais avaient déjà signé la pétition initiée par le Comité citoyen de vigilance des services publics :
Premièrement, en raison des arguments énoncés dans cette intervention et par respect pour les Romorantinais qui ont tant subi depuis 10 ans, je demande à Monsieur le préfet de remettre un avis négatif, le 15 mars, au ministre de l’Intérieur ; 
Deuxièmement, je demande à Monsieur le maire de mettre au vote du conseil municipal, ce jour,

 le refus de la fermeture du commissariat. On ne peut en effet considérer que la chose a été faite le 5 novembre. Le 5, nous votions sur une éventualité. Aujourd’hui, c’est sur une décision annoncée, et après explication.
ensuite de mettre au vote un appel du conseil municipal à tous les Romorantinais à se joindre (comme fait en 2003) à la manifestation du 9 mars, c’est-à-dire à participer, comme le disait Rimbaud, à un « tohu-bohu triomphant ».